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Alice
24 avr. 2020
In Le reste
Après quelques pérégrinations sur la toile, je suis tombée sur un sujet intéressant: le chateau de Saint Quentin Fallavier. Enfin, plutôt un bref historique de ses (illustres) propriétaires... En bref, ce que nous dit Wikipédia: Son histoire commence en 877 lorsqu'un édit de Charles le Chauve demande à ce que la forêt de Planèze et des Côtes de Fallavier soit protégée. Propriété de la famille Bocsozel à la fin du IXe siècle puis des Beauvoir de Marc vers l’an mil. Guillaume de Beauvoir est, en 1233, le seigneur de Fallavier et prête hommage au chapitre de Saint-Maurice. En 1242, il vend sa possession en fief oblat à l'évêque de Clermont, puis à l'archevêque de Vienne en 1247. En 1360, il est acquis par le roi de France qui le cède en 1369 à Jean, comte de Genève, et passe en la maison de Thoire-Villars. Il sera repris par le roi sur Odon de Villars en 1406. En 1430, il est pris par le Prince d'Orange. Passé par mariage à Dunois, il le défend contre le dauphin, le futur Louis XI. Le château de Fallavier existait avant 1250. Il a été agrandi et renforcé au cours du XIIIe siècle par les comtes de Savoie. Peu à peu délaissé, il semble plus ou moins en ruines dès le XVIIe siècle. Sous la direction de son dernier propriétaire, Gabriel Mérard, des bénévoles le restaurent pendant les années 1970. Depuis 1992, le château appartient à la commune de Saint-Quentin-Fallavier. C'est dans l'avant dernier paragraphe que réside l'intérêt de l'histoire... On approfondit le sujet ? (vraiment ?) "Qui est propriétaire ?" ... Bordel, tome 1 Bon, le premier roi dans la petite histoire c'est Jean II dit le Bon. Il donne le château (sympa le mec) à Jean, comte de Genève (qui a été comte pendant 1 an...dommage). Jean est le fils d'Amédée III et de Mathilde d'Auvergne (elle-même fille de Robert VII, comte d'Auvergne et de Marie de Flandres, rien que ça...). Voilà, ça, c'est pour poser le cadre. Après Jean c'est Pierre, son frère qui devient proprio. Pierre est comte de Genève durant 13 ans. Fatality ? Il passe l'acte de propriété à son autre frangin (ils étaient quatre) Robert III. Mais Robert III en plus d'être l'héritier du titre de comte et du château de Fallavier est en fait, déjà pape... L' antipape Clément VII... (on s'ambiance comme on peut...) Ensuite c'est Humbert de Villars, le neveu de tout ce petit monde qui prend la propriété du château. C'est le neveu par sa mère, Marie de Genève qui a épousé Humbert VII de Thoire. Donc maintenant le château appartient toujours aux comtes de Genève mais ceux-ci faisant partie de la maison de Thoire-Villars. Sauf que, avec Louise de Poitiers, ils ont pas eu de fils... Sans héritier mâle, ses droits sur les terres de Thoire, en Bugey, et de Villars, en Dombes, ainsi que le comté de Genève passent à son grand-oncle Odon de Villars, en 1400. Succession (des titres) qui sera contestée puisqu'Odon n'a aucun lien de sang avec la maison de Genève. En revanche, on lui laisse la propriété du château de Fallavier... Monsieur Odon a épousé Alix des Baux, princesse d'Orange. Notez. Bon, en 1406 le roi qui lui reprend le château c'est Charles VI, qui visiblement était déjà dans sa phase un peu folle. C'est lui, l'anecdote du bal des Ardents, en 1393... Peu après, en 1408, Alix a demandé l'annulation de son mariage avec Odon. Ils n'ont visiblement pas eu d'enfants. En 1430, date de la reprise par le Prince d'Orange, le château appartient au roi tout fraichement sacré, Charles VII. Le prince n'est autre que Louis II de Chalon-Arlay, fils de Jean III de Chalon-Arlay et de Marie des Baux-Orange. On s'en fout me direz-vous... Non. (Bon ça va devenir bordélique...enfin, un peu plus quoi) Marie est la fille de Raimond V des Baux et de Jeanne de Genève... De Genève, donc forcément ça crée des liens quoi... Et ça remonte à notre petite Mathilde d'Auvergne (je voulais la replacer) qui a eu moult descendance. Dont, Marie de Genève, qui épouse Jean II de Chalon-Arlay (mort en 1362) puis Humbert VII de Thoire; Blanche de Genève, qui épouse Hugues II de Chalon-Arlay; et Jeanne de Genève qui épouse Raimond V des Baux. Ensemble ils ont Marie des Baux-Orange. Qui aura, avec Jean III de Chalon-Arlay, Louis II de Chalon-Arlay, Prince d'Orange. La consanguinité. Et la loi salique, blablabla... Si le roi d'Angleterre remonte par ses matriarches pour avoir le trône de France, pourquoi Louis II de Chalon-Arlay ne le ferait-il pas ? (Vous avez 4 heures.) "Passé par mariage à Dunois"... Bordel, tome 2. Dunois épousa en secondes noces, le 26 octobre 1439, Marie d'Harcourt (morte en 1464 ; héritière de la branche des Harcourt, barons de Montgomery et Parthenay, sires de Varenbecq et connétables de Normandie, seigneurs de Montreuil-Bellay, princes de Chatelaillon, vicomtes de Melun et d'Abbeville, comtes de Tancarville et chambellans de Normandie). Voilà, le mystère est là. Qui est en mesure d'offrir ce château à Dunois, sachant qu'il est en la possession de Louis II de Chalon-Arlay (qui meurt en 1463, donc pas là quoi...)? Louis II a 49 ans au moment du mariage de Dunois, qui lui-même en a 36. Des compagnons d'armes ? De Dunois est le fils bâtard de Louis Ier d'Orléans, frère de Charles VI. Il est également le demi-frère de Marguerite d'Orléans, qui épouse Richard d'Etampes, avec lequel elle aura Catherine de Bretagne, qui épouse en 1438 Guillaume VII de Chalon-Arlay, le fils de Louis II de Chalon-Arlay. La boucle est bouclée ? Bah ça nous dit pas qui a donné le château à Dunois. Mais bon, il l'a récupéré et tout le monde est consanguin, c'est ok. Le siège ? Vous avez dit siège ? Bordel, tome 3 Bien, la période où Louis est dauphin de France va du 3 juillet 1423 au 30 août 1461. Dunois est proprio du château en 1439. Donc la période qui nous intéresse pour trouver la date du siège c'est entre 1439 et 1461. 22 piges. Que dalle... Easy ! Sachant qu'on est encore en pleine guerre de Cent Ans (jusqu'en 1453), donc c'est ok, on n'a que ça à foutre hein... La Praguerie Le 2 novembre 1439, aux Etats Généraux de 1439, réunis depuis octobre à Orléans, le roi Charles VII ordonne une réforme de l’armée à la suite de la plainte des Etats Généraux par rapport aux écorcheurs et leurs actions. Il met en place un système d’armée permanente qui engagerait ces écorcheurs à plein temps contre les Anglais. Pour ce faire, il instaure un système de taille perpétuelle. Cependant, les princes, et tout particulièrement de Bourbon, se mettent en travers de l’ordonnance du roi. En effet, ceux-ci ont souvent recours aux compagnies d’écorcheurs et ne sont pas d'avis que le roi soit le seul à la base du recrutement de l’armée. Dunois et La Trémoille se rallient tous deux à l’opposition pour des raisons personnelles. C’est en février 1440, lorsque le dauphin Louis voit qu’une éventuelle régence est possible et que son avènement pourrait arriver plus tôt que prévu, que le soulèvement se produit. Le Poitou sera le lieu principal de la révolte. Les buts principaux des opposants seront de mettre le roi sous tutelle, chasser Richemont et placer le dauphin au pouvoir. La réaction du roi est immédiate et il poursuit ses opposants. Ceux-ci essayent de se réfugier en Bourbonnais et Auvergne. La noblesse locale clame qu’elle a déjà un roi et les villes de Basse-Auvergne, que l'on nommera désormais les treize bonnes villes d'Auvergne, ne soutiennent pas leur duc pendant la révolte. Celle-ci se termine en juillet par la signature du traité de Cusset. C'est pas là... pas de siège de Fallavier... Visiblement, (et je vous épargne beaucoup de détails, croyez-moi !), Dunois est pas farouche au dauphin, tant qu'il est dauphin. Il est surtout pour ses propres intérêts. Ni chaud ni froid avec Charles VII (le mec qui a pas payé la rançon de Jeanne, sa compagnonne d'arme, rappelons-le...). Tant qu'on touche pas à son titre mais qu'on lui en rajoute, tant qu'on gagne la guerre et que c'est lui le héros, tant qu'on empiète pas sur son domaine.... D'ailleurs, je l'ai mal présenté notre petit Jeannot... "Comte de Dunois, Comte de Longueville, Baron de Gex, Seigneur de Parthenay, Seigneur de Vouvant et de Mervent, Seigneur de Valbonnais, Seigneur de Claix, Grand Chambellan de France, lieutenant général du royaume, capitaine de l'armée royale." Ses armoiries furent d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé d'un lambel d'argent (les armes de son père, le duc d'Orléans) brisé d'une traverse de sable (un signe de bâtardise) puis d'Orléans, brisé d'une barre d'argent. OK ? OK. Le dauphin Louis, pendant ce temps... À la fin de l'année 1446, ayant conspiré contre Agnès Sorel et Pierre II de Brézé, il fut chassé de la cour et se réfugia dans son gouvernement, en Dauphiné, d'abord à Romans-sur-Isère, puis à Grenoble où il fit son entrée le 12 août 1447. C'est probablement à cette époque qu'il rencontra un jeune noble dauphinois, Imbert de Batarnay, qu'il attacha à son service et dont il allait faire, parvenu sur le trône, l'un de ses chambellans et conseillers les plus écoutés. Installé à Grenoble place Saint-André dans l'hôtel de la Trésorerie, spécialement aménagé, il fait son apprentissage de roi pendant neuf ans. Peu à peu, sous son administration rigoureuse, le Dauphiné devient un État nettement distinct de la France. Il réforme la fiscalité, attire à Grenoble des artisans étrangers et des banquiers juifs maltraités par Humbert II et fonde en 1452 une université à Valence, confirmée par le pape Pie II en 1459. Il transforme en 1453 le vieux Conseil delphinal en Parlement du Dauphiné, le troisième du royaume après ceux de Paris et Toulouse, faisant passer la cité au statut de capitale provinciale. Louis charge même son conseiller Mathieu Thomassin d'établir les bases juridiques de sa souveraineté, par un volumineux bréviaire des anciens droits, honneurs et prérogatives du Dauphiné, intitulé Registre delphinal, achevé en 1456. Est-ce à cette période que la dauphin s'est attaqué au château de Fallavier ? Commençant ainsi pour se mettre Dunois à dos ? Plausible. Mais incertain. Avançons un peu dans la chronologie: la Ligue du Bien Public (de mars à octobre 1465) La ligue du Bien public est une révolte de princes, menés par Charles, comte de Charolais, et d'autres grands seigneurs, contre l’accroissement des pouvoirs du roi de France Louis XI. Elle dure de mars à octobre 1465. Liste exhaustive ? Charles de France Jean II de Bourbon Charles le Téméraire François II de Bretagne Jean de Calabre Jacques d'Armagnac-Nemours Jean V d'Armagnac Louis de Luxembourg Jean de Dunois Antoine de Chabannes Charles II d'Albret Pierre d'Amboise Jean Ier de Clèves André de Lohéac Frédéric Ier du Palatinat Et tout ça là, c'est pas content ! Parce qu'ils estiment que Louis XI veut détruire la féodalité dans un soit-disant intérêt général en positionnant dans son conseil la petite noblesse du royaume et des conseillers issus du milieu roturier. Et ça, c'est mort !!!! Ils publient un manifeste visant à instaurer une régence, conduite par le jeune Charles de France, duc de Berry, alors âgé de 18 ans. Et paf, la guerre. Comme quoi on n'a pas toujours eu besoin des Anglais pour avoir une bonne raison de se beigner la gueule... Pour se défendre, Louis XI fait appel à Francesco Sforza, duc de Milan, et propose aux Liégeois une alliance militaire contre leur ennemi commun, alliance signée le 17 juin. Louis XI, qui bénéficie du soutien efficace de Gaston IV de Grailly, comte de Foix et de Béarn, dispose d'une armée de 30 000 hommes. Dès le début des hostilités, en mai et juin 1465, il marche contre le Bourbonnais, au centre du pays. Puis il entame une course vers la capitale, les armées bretonne et bourguignonne s’étant donné rendez-vous à Saint-Denis, début juillet. Avant qu'elles ne puissent joindre leurs forces, le roi choisit d'affronter l'armée bourguignonne conduite par le comte de Charolais. Le choc se produit à Montlhéry, au sud de Paris, le 16 juillet 1465. Les péripéties de la bataille sont confuses (et avec rebondissements) et son issue suffisamment indécise pour que les deux partis s'attribuent la victoire : le comte de Charolais, parce qu'il est resté maître du terrain, Louis XI, parce qu'il a fait reculer l'armée bourguignonne, avant de prudemment ordonner une retraite stratégique pendant la nuit et de ramener à Paris une armée « victorieuse » (bien que son oncle le comte du Maine ait fui le champ de bataille avec un tiers des troupes royales, bien joué !). Le roi peut ainsi raffermir dans la capitale son autorité chancelante. Néanmoins, Louis XI sort globalement affaibli de l’affrontement, d'autant qu'il n'a pu empêcher la jonction, le 19 juillet, des deux armées bourguignonne et bretonne, bientôt rejointes par les comtes d’Armagnac et d’Albret et le duc de Lorraine. Entré dans Paris le 18 juillet 1465, Louis XI y organise la défense. Le siège est mis devant Paris par les féodaux. Louis XI sort de la ville le 10 août, rejoint Rouen d’où il rallie une partie du royaume et assemble des provisions, qu’il fait parvenir à Paris le 28 août, avec une armée puissante en renfort. Une trêve est signée le 3 septembre, n'empêchant pas les ligueurs de prendre Pontoise et Rouen. Les combattants des deux bords ne savent trop comment en finir. Louis XI feint de s'incliner. Le roi de France Louis XI accorde à son frère Charles, duc de Berry, le duché de Normandie ; il rend au duc de Bourgogne (représenté par le comte de Charolais) les villes de la Somme, qui pourraient être rachetées à ses héritiers, et lui cède en toute propriété Boulogne, Guînes, Roye, Péronne et Montdidier ; il donne au duc de Lorraine (Jean de Calabre) les villes de Mouzon, Sainte-Menehould et Neufchâteau ; il abandonne au duc de Bretagne la régale et une partie des aides, lui rend Montfort et Étampes ; au duc de Bourbon, plusieurs seigneuries en Auvergne ; au duc de Nemours, le gouvernement de Paris et de l'Île-de-France ; au comte d'Armagnac, diverses châtellenies du Rouergue ; il fait Tanguy du Chastelgrand écuyer, le comte de Saint-Pol connétable, etc. Une commission de 36 membres, présidée par Dunois, devait réformer les abus de l'administration. Mais Louis XI ne respecta pas longtemps les conditions qui lui étaient imposées. Bon, apparemment c'est toujours pas là. Sauf si on lance une hypothèse. Le roi Louis XI aurait pu envoyer une armée, un petit bataillon, bref des troupes pour aller affaiblir Dunois sur une de ses possessions. Et paf, Fallavier est attaqué. Plausible, mais toujours incertain. Alors voilà un "bref" historique avec quelques zones d'ombres concernant notre super château de Saint Quentin-Fallavier. Je laisse le soin à qui voudra le soin de venir étoffer certains détails ou éclaircir les zones sombres...
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Alice
04 déc. 2019
In Le reste
Note informative : certains artisans et fournisseurs seront cités dans une ou plusieurs catégories précises, s’ils ne le sont pas dans une ou plusieurs autres c’est que leurs produits ne correspondent pas aux exigences du cahier des charges. Costumes France Modes d’Autrefois Atours d’Histoire Hémiole et le chas Italie Sartoria MonRo Hongrie Ekoni Chaussures France Ferey médiéval Angleterre ANA period shoes Italie Historical Italian Shoes Slovaquie NP Historical shoes Accessoires (ceintures, jarretières, objets tissés, bourses, aumônières, etc.) France L’atelier de Micky Perline la Tisserande Le Loup et l’Ortie De soie et d’Or A cuir ouvert Pologne Lorifactor Royaume-Uni Armour and castings Medieval market Italie Labortemporis Mastro Girolamo Ukraine Gothic Cast Kiev Pays-Bas Cervus Trading Couverts et vaisselle France La Forge de Gobannos De Tours en Détours L’Escabelle L’Atelier au coin du Bois Trouvailles d’Argile La Poterie des Grands Bois Pernette Kourgane Royaume-Uni Todd’s Stuff Bohemia Beauty The Merchant Venturers Pewter Replicas (Steve Millingham) 6of1 Authentic Provenanced Artefacts Etats-Unis d’Amérique Historical Glassworks
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Alice
04 déc. 2019
In Le reste
Hémiole et le chas, également professionnelle qui travaille sur commande. http://www.hemiole.com/reconstitution/index.php?category/Costumes Katafalk, qui fait de très belles reconstitutions: https://www.patreon.com/katafalk
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Alice

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